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Des retards trop fréquents sur les TET Intercités entre Nantes et Bordeaux

02 Mar 2024

Le passage de 3 à 4 allers retours par jour du Train d’Equilibre du Territoire (TET) Nantes Bordeaux, dénommé par la SNCF Train Intercité,  a entraîné une hausse de la fréquentation de 90% (2022 / 2019) ; malgré une ponctualité médiocre, car les liaisons, comme beaucoup de lignes intercités, offrent une faible fiabilité, en bonne part du fait du mauvais état de la voie ferrée et de son équipement ; même si des circonstances exceptionnelles expliquent une partie des retards et annulations, le bilan sur près de deux mois (décembre 2023 – janvier 2024) dressé par Jacques Ottaviani – Président de l’Association pour la Promotion de Nantes Bordeaux, n’est pas brillant.


L’étude se base sur les indications publiques du site SNCF.Com. Nous avons bien conscience que les causes indiquées sont partielles et pas toujours justes, mais statistiquement les écarts sont amortis. Ces données concernent la période du 4/12/2023 au 13/01/2024, mais sur seulement 33 jours car 8 jours (+ 2 trains) ont échappés à notre vigilance (les infos sont effacées le surlendemain).

Trains supprimés

Sur ces 262 trains programmés nous comptons :

– 18 trains supprimés totalement (6,9 %) principalement la première quinzaine de décembre à cause de l’indisponibilité d’une partie du matériel, conséquence de la tempête de novembre. Visiblement la remise en état du matériel a tardé puisque nous avons eu des suppressions pendant tout le mois de décembre

– 6 trains au parcours partiel (2,3%) pour une raison non précisée.

Au total on a donc 24 trains supprimés totalement ou partiellement (9,16%)

Trains à l’heure

Ci-dessous les pourcentages, par rapport au nombre de trains qui auraient dû circuler (262) suivi du pourcentage par rapport aux trains ayant vraiment circulé (238 méthode SNCF) :

– 143 trains (54,6% / 60,1%) étaient strictement à l’heure à l’arrivée

– 188 trains (71,8% / 79%) étaient à l’heure au terminus au sens SNCF (à l’heure ou retard < 6 mn). En fait 45 trains sont signalés avec un retard de 5 mn (17,2% / 18,9%).

Trains en retard

– 14 trains (5,3 % / 5,9%) sont signalés avec un retard compris entre 6 et 15 mn,

– 18 trains (6,9% / 7,6%) compris entre 15 et <= à 30 mn

– 17 trains (6,1% / 7,1%) compris entre 30 et <= à 1 heure

– 1 train (0,4%) avec un retard supérieur à 1 heure

Au total on a donc 50 trains (19,1% / 21%) qui ont un retard supérieur à 6 mn, donc susceptible de vous faire rater une correspondance.

Principales causes de ces retards (>=6 mn)

Cette catégorie recouvre 51 cas dont 1 cas d’accident à un Passage à niveau (PN) cas du plus gros retard 1h20.

En première analyse un tiers (17) seraient des causes extérieures (en supposant l’accident PN imputable à un tiers), et en comptant les obstacles, individus et animaux sur voies (toutes causes qui pourraient être diminués par une meilleure politique de protection des voies aux endroits critiques).

Seulement 4 cas seraient imputables à SNCF Voyageur (matériel). Toutefois il faut considérer qu’il y a eu aussi 6 parcours partiels et 18 suppressions de train dont la majorité par manque de matériel.

Le reste (30 cas) serait imputable à SNCF Réseau. Les nombreux cas de panne PN (9) et panne de signalisation (4) sont particulièrement inquiétants et significatifs de l’état général de l’infrastructure, en particulier dans la partie sud.

Les 12 cas de régulation du trafic méritent une analyse supplémentaire :

– 6 cas (12% des retards) sont des attentes pour croisement sur la voie unique La Roche-sur-Yon – La Rochelle (nous comptons le seul train décalé, pas celui qui est à l’origine du retard). Cela confirme notre demande de remettre en place la seconde voie.

– 6 cas interviennent entre Saintes et Rochefort. Il faut savoir que la signalisation de ce secteur est obsolète et qu’il n’y a qu’un seul canton entre Saintes et Rochefort. De ce fait l’espace entre deux trains est au minimum de 30 à 35 mn ce qui provoque des retards en chaîne. La modernisation de la signalisation de ce secteur (datant du Réseau État avant la création de la SNCF!) est prévue depuis plusieurs CPER ( Contrat de Plan Etat Région, pluriannuel) et toujours retardée.

On constate souvent qu’un petit retard devient grand à l’arrivée. Très peu de gros retard rattrapés ou réduits.

Retards inférieurs à 6 mn

Nous avons pris en compte tous les retards signalés, même ceux qui ont été rattrapés à l’arrivée.

Sans préciser les détails, on retrouve principalement les problèmes de régulation du trafic (22 cas) et les pannes PN (6 cas) auxquels s’ajoutent 44 cas de travaux sur voie ! et plus de cas que précédemment liés aux voyageurs (assistance, correspondance).

A propos des nombreux retard pour travaux sur voie, il s’agit principalement d’une fragilité de la plateforme (fontis) au nord de la gare de Saintes dont la remise en état traîne.

Conclusion

Le bilan global n’est pas flatteur avec seulement 54,6% des trains strictement à l’heure, 71,8% en comptant « à l’heure » les petits retards < à 6 mn).

Si on extrait les trains supprimés (comme compte la SNCF) le taux passe à respectivement à 60,1% et 79%, mais ce n’est pas ce que ressent le voyageur car un train supprimé, c’est souvent plus pénalisant qu’un train en retard.

Il faut aussi reconnaître les conditions exceptionnelles du fait de la tempête de novembre (18 trains supprimés en décembre), mais SNCF Voyageurs paie là (du fait du choix initiale de la DGITM du Ministère des Transports) un parc insuffisant en quantité et des capacités de maintenance calculées aussi trop juste.

Les causes principales des retards sont comme pour notre étude partielle de 2022 la régulation du trafic (dont la moitié pour croisement sur la Voie Unique, l’autre moitié pour la section Saintes-La Rochelle), les pannes de PN et de signalisation (principalement au sud de Saintes), les défaillances du matériel, sans oublier les conditions météo (tempête) propres à la période testée.

Les causes extérieures (non imputable à la SNCF) représentent environ le tiers des retards.

Comment améliorer cette situation ?

– moderniser la signalisation obsolète (héritée du Réseau de l’Etat) de Saintes-La Rochelle, ce qui était déjà prévu aux CPER précédents mais jamais réalisé.

– améliorer la signalisation BAPR de Beillant-St Mariens (pannes PN et pannes signalisation trop fréquentes),

– remettre la seconde voie entre La Roche-sur-Yon et La Rochelle, ce qui permettra aussi d’augmenter le nombre de TER sur cette section)

– renforcer le parc des Coradia Intercités afin d’avoir plus de rames de secours, et permettre d’augmenter le nombre de circulations en UM (Unités Multiples) pour éviter les surcharges.

– renforcer la capacité de maintenance (peut-être avec un poste dédié à Bordeaux..

– et sans oublier la remise en état des deux voies Beillant – St Mariens pour supprimer les limitations de vitesses 60 km/h responsables d’un temps de parcours allongé de 25 mn environ.