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Mon vélo dans le train en Ile de France

06 Nov 2026

L’Ile-de-France du point de vue ferroviaire est toujours un territoire à part : densité des dessertes et tarification n’ont rien de commun avec le reste de la France, et les logiciels de vente de billets nationaux ignorent les trains franciliens. L’emport des vélos à bord des trains Transîlien ou RER a aussi ses propres règles : ni réservation ni tarification, mais une interdiction rigide aux heures de pointe… 

Des heures de pointe différentes selon l’exploitant 

Les « heures de pointe » pendant lesquelles les vélos sont interdits à bord ne sont pas les mêmes à la RATP et à la SNCF. Or, la plupart des sites destinés aux touristes indiquent celles de la RATP pour le métro et le RER, ce qui induit en erreur de nombreux cyclistes : ils se retrouvent à payer une amende sur les branches SNCF du RER. Il faudrait, a minima, aligner les horaires de la SNCF sur ceux de la RATP.

La situation se complique encore en cas de correspondance. L’exemple du T13 est significatif. Devenu tram-train, il accepte les vélos en permanence (sauf en cas d’affluence, ce qui est plutôt rare) et sur toutes ses stations. En revanche, il offre trois correspondances : deux avec la SNCF, à Saint-Cyr et surtout à Saint-Nom-la-Bretèche, et une avec la RATP, à Saint-Germain-en-Laye. Les horaires d’acceptation des vélos y sont différents, et il faut repérer le logo vélo sur chaque train. Il faut vraiment être un usager initié ! 

Une interdiction trop rigide ?

En outre, cette interdiction stricte est mal comprise dans les trains de contre-pointe ou en bout de ligne. Nous demandons une formulation plus souple, comme celle qui existe par exemple en région : « Interdiction aux vélos d’accéder à bord des TER en cas de forte affluence, généralement pendant les heures de pointe (du lundi au vendredi, de 6 h à 9 h et de 16 h à 19 h). »

Cette interdiction, qui vise évidemment les trajets domicile-travail, pose de sérieux problèmes. Elle empêche par exemple un cyclorandonneur habitant en banlieue de rejoindre un train grandes lignes au départ d’une gare parisienne. Sur les longs trajets, il est même impossible de la respecter : depuis Fontainebleau, aucun train ne permet d’arriver à Paris avant le début de l’interdiction du matin.

Des emplacements vélos imprévisibles

Les règles publiées par Transilien indiquent à la fois que les vélos non pliables doivent utiliser les emplacements dédiés lorsqu’ils existent, et que, dans tous les cas, ils ne doivent pas gêner la circulation. Elles précisent également que l’emport est soumis à la capacité du train et que, sur certaines configurations, des espaces libres sur les plateformes peuvent être utilisés. 

Selon le matériel roulant, il existe ou non des emplacements réservés aux vélos, qui ont dès lors un caractère obligatoire, et le cycliste ne sait pas à l’avance quelle porte sera la bonne. L’ajout de marquage au sol sur les quais pour repérer les empalcements vélos serait utile. Par ailleurs, les voyageurs se concentrent en tête de train en direction de Paris et en queue de train au départ de Paris, tandis que les autres voitures restent moins remplies. C’est une raison supplémentaire de revoir le principe des emplacements fixes : on transporterait ainsi davantage de voyageurs, et des voyageurs plus satisfaits. 

Des verbalisations disproportionnées 

Le montant de l’amende pour emport de vélo interdit par un usager avec son titre de transport (150 €) apparait disproportionné par rapport au montant pour absence de titre.

De plus, régulièrement des cyclistes sont verbalisés pour avoir… suivi les consignes du personnel, alors que l’emplacement vélos était occupé par des voyageurs. Ce qu’un agent autorise, un autre peut le sanctionner sévèrement un peu plus tard. D’une façon générale la propension des contrôleurs à délivrer des PV en dépit du bon sens s’accroît et est insupportable pour les cyclistes.

Au vu de ces problèmes, un peu de souplesse et d’intelligence dans la gestion des vélos à bord des trains d’Ile-de-France nous paraît indispensable pour permettre le développement de l’intermodalité entre le vélo et le train, en complément des stationnements en gare.

Contact presse : Gilles Laurent, gilles.laurent@fnaut.fr

Crédit image : Erick Marchandise