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Innovation servicielle : la Fnaut demande de la prudence, de la patience et de la vigilance

07 Nov 2019

Les besoins de mobilité ont évolué. Les distances des trajets du quotidien ont augmenté. La souplesse dans les décisions et modifications de trajet, permise par les nouveaux outils numériques, est devenue une exigence des voyageurs.

Ces nouveaux outils permettent d’enchaîner plusieurs modes de transport, et sont déjà adoptés par les usagers à condition d’être fiables. Ils sont une alternative nécessaire à l’autosolisme. Ils doivent permettre de prévoir, organiser, modifier, réserver et payer son déplacement.

 

Les innovations dans les services

Les innovations mises en oeuvre par les collectivités locales, les entreprises et les start ups, ou par les particuliers, sont de deux ordres : services numériques de mobilité (information et billettique) ; et nouveaux services de mobilité (partage de véhicules de tous types pour un usage individuel, avec ou sans station dédiée : voiture, scooter, vélo, trottinette ; co-voiturage ; véhicule autonome)

Ces innovations sont présentées généralement comme des solutions-miracles pour les usagers et la collectivité (coût réduit, moindre impact environnemental) alors qu’elles dépendent du service public existant et qu’elles reposeront sur la qualité et la fiabilité de l’offre de bout en bout.

Leur mise en œuvre est annoncée à court terme, mais c’est oublier, pour les services numériques de mobilité, le retard pris dans la commercialisation intermodale malgré la création en 2010 d’une Agence française pour l’information multimodale et la billettique ; et le retard pris dans l’ouverture des données théoriques et réelles de transport, malgré la loi de 2015 ; c’est oublier aussi la quantité de nouvelles données à intégrer, notamment pour le cheminement des personnes à mobilité réduite.

Leur mise en oeuvre est annoncée comme apportant de nouvelles solutions à des territoires mal desservis, mais c’est oublier, pour les nouveaux services de mobilité, qu’ils reposent essentiellement en zone non dense sur la voiture et sur la bonne volonté de particuliers (co-voiturage, auto-stop organisé). Le véhicule autonome en zone non dense reste un rêve lointain et incertain.

 

La position de la Fnaut

Pour adopter sa position, la Fnaut se demande si les nouveaux services innovants incitent à l’usage des transports publics, réduisent la circulation automobile et la congestion, partagent les données et favorisent les mobilités douces ?

Les services numériques de mobilité, en particulier ceux développés par les autorités organisatrices aux frais de la collectivité, doivent être performants et dépasser les frontières entre les régions et les bassins de mobilité. Ils doivent relayer des informations fiables et transparentes, en termes d’offre comme de tarif. La commercialisation doit être simple. Pour les usagers quotidiens, le coût doit rester dans des limites plafonnées. L’exécution du contrat de transport multimodal doit s’accompagner de garanties pour le voyageur sur l’ensemble du parcours.

Les nouveaux services de mobilité ne doivent pas conduire à réduire l’offre de transport collectif mais s’y ajouter, en particulier en zone peu dense. Ils doivent être régulés en zone dense. Leur infrastructure doit être sans défaut (recharge des véhicules partagés électriques ; entretien et disponibilité de tous types de véhicules).

La qualité de service de l’intermodalité doit être l’objet de toutes les attentions au même titre que la qualité de service pendant le transport. Elle sera atteinte par des points multimodaux bien organisés et par une garantie voyageurs étendue à l’ensemble du parcours intermodal.

L’innovation dans les services de mobilité doit être utile à tous les usagers sur tous les territoires. La Fnaut rappelle toutefois que sa réussite dépendra de l’implication des voyageurs, autant dans l’élaboration des outils que dans l’adoption des solutions proposées ou mises en œuvre.

 

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