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Infrastructures de transports : une démarche nouvelle, mais des lacunes et des contradictions

12 Sep 2018

Le gouvernement a publié ses choix en matière d’infrastructures de transports. Tout en reconnaissant l’intérêt de sa démarche, la Fnaut dénonce son absence de vision prospective et de préoccupation environnementale.

 

Une démarche nouvelle

Le gouvernement a suivi une démarche de programmation des investissements qui affiche clairement les priorités retenues et (de manière plus imprécise) les financements correspondants, et qui sera soumise au Parlement.

La Fnaut demande cependant que les usagers des transports, qui sont les premiers concernés par cette programmation et son suivi, soient représentés au sein du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI).

 

Une hausse significative mais trop limitée des investissements

Trois scénarios avaient été définis par le COI, les hausses correspondantes des crédits accordés aux infrastructures étant respectivement de 25 %, 55 % et 80 %. Le scénario retenu (40 %) est donc moins ambitieux que le scénario 2 du COI, pourtant bâti « pour satisfaire les priorités fixées par le Président de la République ».

Rien n’est dit sur les sources nouvelles de financement : les transporteurs routiers seront-ils sollicités ? le péage urbain sera-t-il introduit ? De nombreux projets ne font l’objet d’aucun engagement précis à ce stade, par exemple le soutien au vélo, un mode qui peut devenir un transport de masse en milieu urbain si on en prend les moyens.

 

Un changement de paradigme ?

Aucune analyse prospective des besoins futurs de mobilité et des contraintes (urbanisation littorale, dépendance pétrolière et prix du baril, réchauffement climatique) n’est présentée pour justifier les orientations du gouvernement, aucune hiérarchie nouvelle entre les différents modes de transport n’est définie. La route reste prioritaire : c’est « le désenclavement routier des villes moyennes et des territoires ruraux » que le gouvernement veut « accélérer ».

 

Une réponse incomplète aux besoins de la vie quotidienne, un abandon des « petites lignes »

Le gouvernement prévoit judicieusement la désaturation des nœuds ferroviaires pour faciliter la création de RER métropolitains. Un meilleur entretien du réseau routier est nécessaire, il doit être financé par ses usagers et non l’Etat.

Pour les habitants des villes moyennes et des territoires ruraux, l’urgence n’est pas le désenclavement routier mais la sauvegarde du maillage du réseau ferré : des lignes sont fermées, en particulier dans les zones montagneuses (Massif central, Vosges…) ; les trains sont ralentis sur plus de 5 000 km de lignes.

Or l’effort actuel de rénovation des voies ferrées ne porte que sur le réseau structurant : les lignes « petites » lignes transversales et régionales voyageurs ne sont plus entretenues, de même que les lignes capillaires fret dont 2 000 km sont menacés à court terme ; leur financement n’est pas garanti : il est laissé à la charge des Régions.

 

Un report regrettable des grands projets

Seuls les grands projets ferroviaires (urbains et interurbains) peuvent provoquer des transferts massifs de trafics. Or le ruineux et inutile projet de canal Seine-Nord et les nombreux projets autoroutiers urbains (Strasbourg, Rouen, Grenoble, Arles…) sont maintenus. Le contournement ferroviaire Est de Lyon (CFAL), les accès au tunnel de base du Lyon-Turin, la jonction Montpellier-Perpignan et le GPSO, essentiels pour le développement des trafics ferroviaires voyageurs et fret, sont ignorés : dans ces conditions, un rééquilibrage rail/route est illusoire.

 

La Fnaut attend du gouvernement qu’il reconnaisse mieux l’importance du transport collectif urbain et interurbain, qu’il écarte le saupoudrage et les dépenses inutiles, et qu’il privilégie les investissements les plus efficaces en matière d’aménagement du territoire et de lutte contre le dérèglement climatique.

 

 

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