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Le cadencement en Normandie : de trop maigres avancées en 2027

12 Sep 2026

Le cadencement en Normandie subit de maigres avancées en 2027 qui ne sont pas à la hauteur des besoins.

En juin dernier, le Conseil régional a communiqué largement sur une « transformation historique, avec une refonte de l’offre pour offrir aux Normands une véritable montée en qualité du service en mars 2027». De quoi s’agit-il ?

La Région s’est bien inspirée du document diffusé par la FNAUT Normandie à l’automne 2024 pour construire l’offre du lot « Etoile de Caen », en articulant les axes Rouen-Caen et Caen-Granville-Rennes entre eux avec un cadencement à l’heure en pointe et aux deux heures en mi-journée. La desserte de Caen-Rennes passera de deux à quatre A/R tous les jours en 2028. De plus, le cadencement de Paris-Caen-Cherbourg évolue pour organiser les correspondances à Caen afin de permettre les relations comme Rouen-Caen-Cherbourg. Sauf que ces améliorations seront mises en œuvre du lundi au vendredi seulement ! Pour les week-ends, rien de nouveau si ce n’est une crainte de dégradation du service selon ce qui a été présenté aux associations d’usagers en juin dernier! Pour toutes les autres relations, il n’y a aucune amélioration significative.

Se déplacer en train en Normandie, hors sur les grandes radiales, reste compliqué :

  • Pour la relation Cherbourg<>Lison/Lison<>Rennes avec correspondance entre les TER Paris<>Cherbourg et Caen<>Rennes, les trains « se loupent » à 15 minutes ce qui entraine une correspondance de 1H15 faisant perdre toute attractivité.
  • La ligne routière 122, structurante Caen-Honfleur-Le Havre, avec 6 fréquences quotidiennes, reste mal positionnée dans le nœud de correspondance de Caen, rendant très difficiles les relations entre l’ouest de la région et le grand port Normand.

Au Havre, les correspondances avec les trains venant de Paris ne sont pas systématiquement assurées, ce qui fait perdre de potentielles liaisons Paris-Honfleur !

  • La relation Dieppe<>Rouen/Rouen<>Paris en heure de pointe n’est pas optimisée, notamment pour se rendre à Dieppe le matin et revenir le soir.
  • Les déplacements de Dieppe vers Bernay ou Caen restent difficiles car les correspondances entre les TER Dieppe<>Rouen et Rouen<>Caen ne sont pas organisées à Rouen (2 correspondances par jour sur 10 trains vers Caen)
  • Il y a des creux de desserte sur toutes les lignes y compris les grands axes.
  • Les derniers trains partent trop souvent vers 19h00. C’est le cas entre Caen et Rouen ou entre Cherbourg et Caen

Cette situation résulte des fréquences insuffisantes sur de nombreuses lignes et une absence de coordination des lignes entre elles. L’organisation de l’offre privilégie les flux importants des relations Normandie <> Paris et ne prend pas suffisamment en compte les déplacements intra régionaux qui restent minoritaires sans être négligeables. Mais ces déplacements intra régionaux pourraient être beaucoup plus nombreux si l’offre de transport en commun était une alternative crédible. Pour obtenir un véritable choc d’offre, la FNAUT Normandie demande l’établissement du cadencement horaire intégral sur les axes Paris<>Vernon<>Rouen, Paris<>Rouen<>Le Havre, Rouen<>Dieppe, Paris<>Caen<>Cherbourg et aux deux heures en journée sur tous les autres axes dont Paris<>Argentan<>Granville, et en alternance Paris<>Caen et Paris<>Deauville. La fréquence serait un atout majeur pour compenser l’absence de grande vitesse.

Ces évolutions sont d’autant plus nécessaires que l’offre régionale globale a très peu augmenté entre 2015 et 2024 : 15 millions vs 15,2 millions T-Km : tout ce qui a été ajouté sur une ligne ou section de ligne a été supprimé ailleurs ! Ces chiffres contredisent les éléments de communication de la Région.

Dans une région championne des déplacements en voiture, le slogan régional « La Normandie sans ma voiture » reste un vœu pieux en l’absence d’une véritable politique de développement de l’offre : au rythme actuel, il faudra de très (trop) nombreuses années avant d’avoir un véritable réseau bien maillé et cadencé en Normandie ! L’ouverture à la concurrence des différents lots est une opportunité pour accélérer la mise en œuvre de ce choc d’offre. Le Conseil Régional sera-t-il au rendez-vous ?

Article de Daniel Grébouval, Président de la Fnaut Normandie