Historiquement les trains régionaux en France n’ont pas été conçus pour transporter un grand nombre de vélos ni surtout des vélos utilitaires, contrairement à ce qu’on constate dans d’autres pays (Allemagne notamment). Un retard considérable a été pris à ce sujet, les associations cyclistes réclament depuis longtemps plus de places dans les trains alors que la pratique du vélo est en augmentation.
Il en résulte une suroccupation de certains trains, et la plupart des Régions ont mis en place des systèmes de réservation obligatoires très contraignants, inadaptés pour un usage facile des trains régionaux : il est ainsi devenu complètement faux d’affirmer qu’on peut prendre sereinement le TER avec son vélo !
Comment gérer l’affluence ? La FNAUT préconise sept recommandations :
Recommandation n°1 : La première réponse est d’augmenter la capacité d’emport vélos et le nombre de trains (fréquence, plage horaire, etc …). Les commandes de matériels neufs en Allemagne (mais aussi en Suisse, Belgique, etc…) prévoient souvent de 8 à 15 vélos par voiture, très au-delà de ce qui se fait en France.
Recommandation n°2 : Une solution plus immédiate est de supprimer les strapontins et les bagages dans les espaces vélos, source de conflits et de pertes de temps, et de mieux indiquer où se trouvent les emplacements vélos.
Recommandation n°3 : Il faut que les stationnements en gares soient faciles d’accès, visibles, proches des accès vers les trains, en nombre suffisant et réellement sécurisés, avec une garantie de sécurité (ou une assurance). Les Autorités Organisatrices peuvent aussi développer des vélos libre service ou des locations longue durée de vélos pliants à un prix raisonnable.
Recommandation n°4 : Améliorer l’information des cyclistes sur la saturation possible d’un train, en fonction de l’heure ou du tronçon, ce qui est facile à indiquer sur les fiches horaires ou les logiciels informatiques. La tarification pourrait, en lien avec cette information, être modulée :
- vélo vert : emport gratuit (heures ou périodes « super-creuses »)
- vélo jaune : ticket vélo (pass journée de base), avec un tarif pouvant être majoré aux heures de pointe (ex : région parisienne aux heures de pointe, en remplacement de l’interdiction actuelle)
- vélo rouge : résa obligatoire train par train (sur un nombre de tronçons et d’horaires très limité)
Recommandation n°5 : La régulation de la demande d’emport à bord des trains sur les trajets où la demande vélo est forte, pourrait s’obtenir par un ticket vélo payant à la journée ou au mois, (c’est-à-dire aux mêmes conditions de validité que le billet du passager) à prix modéré, augmenté aux heures de pointe, mais sans train imposé. Cette forme de tarification modulée, qui est le principe général ailleurs en Europe, a pour but de limiter le nombre de trains à réservation vélo obligatoire, et de supprimer les interdictions rigides à certaines heures dans les zones denses et en Ile de France.
Recommandation n°6 : Une fois réduite la demande globale, et à défaut d’autre solution, reste à gérer certaines lignes particulières à certaines heures, où un système de réservation avec train imposé peut, de manière exceptionnelle, se justifier : cela concernerait notamment certains trains dans les secteurs touristiques à la demande imprévisible.
Recommandation n°7 : Afin d’assurer la lisibilité du système et la facilité d’utilisation, une coordination doit se faire entre les Régions pour harmoniser les règles d’accès.
Position Fnaut sur l’emport des vélos dans les trains régionaux (pdf)
Contact presse : Gilles Laurent, gilles.laurent@netc.eu