Transports et carburants fossiles, suite
La guerre au Moyen Orient nous rappelle la dépendance du transport aux carburants fossiles. Le nombre de véhicules électriques en service évolue lentement. Et leur impact carbone reste élevé : un voyageur en automobile « électrique » est cause de 3 fois plus de CO2 (ADEME) qu’un voyageur TER.
Beaucoup d’habitants de la Région restent éloignés d’axes desservis par des lignes de transport collectif. Malgré la demande, les nouveaux services sont rares, les crédits traînent pour la réhabilitation (cf la Roche-sur-Yon/Saumur). L’électrification d’axes ferroviaires, tels Caen / Tours à charge de l’État n’est toujours pas d’actualité. La politique de décarbonation et de réduction des émissions dans les transports reste donc très partielle. Ci-après un bref inventaire de projets régionaux dans l’attente :
https://www.fnaut.fr/les-transports-en-commun-pour-reduire-la-dependance-aux-carburants-fossiles/
Fréquentation et prix accessible
En 2025, la fréquentation croissante du TER a permis de porter le taux de recouvrement (recettes sur dépenses de fonctionnement), à 39 %, taux élevé pour les TER (fer). Mais la hausse des tarifs occasionnels en juillet (10 %) aurait depuis freiné l’engouement pour le train. L’élévation du coût du carburant aura t’elle un impact durable ?
L’usage de la carte « mobi » (tarification solidaire) donnant 50 ou 75 % de réduction sur le TER est à évaluer pour savoir si elle répond aux besoins et si elle n’oublie pas beaucoup d’ayant-droits. Les 50 % sont déjà accessibles à tous avec une carte Mezzo (20 ou 30 €/an suivant l’âge). La « réduction » en faveur des faibles revenus est donc dans les faits limitée pour ceux au taux 50 %.
Des mesures attendues seraient prises pour le transport par car : les divers tarifs départementaux feraient place à une tarification zonale régionale unique, dont on ignore encore le niveau, et la Région programme l’extension de la tarification solidaire aux trajets en cars. Il serait juste qu’elle soit appliquée aussi pour les abonnements TER, les billets bateaux, et pour le transport scolaire, tous tarifs qui augmentent régulièrement.
Nouvelle gare routière de Nantes
Contiguë à la gare principale et à plusieurs lignes de transport urbain, elle bénéficie d’un arrêt taxi, de lieux d’attente (intérieur et extérieur), d’une restauration attenante, de guichets TER (trains et cars) où l’on peut aussi acheter des billets pour les cars longue distance Flixbus et BlablaCar, qui accostent sur place. Mais le guichet ne vend pas les titres grande ligne de la SNCF, les titres régionaux de régions voisines, etc… On espère que la gare routière bénéficiera d’un futur distributeur de billets.
Aucun plan de réseau ou affichage ou distribution d’horaires. Cela n’incite ni au tourisme, ni à la découverte du transport public. Cette dépendance totale au numérique rend le transport public sensible à des incidents, est moins vertueuse que proclamée, et pénalise des voyageurs. Pourquoi reporter sur eux toute la charge de l’information ? Cette contrainte est tempérée pour le moment à Nantes par une assez large plage d’ouverture des guichets.

Gare routière, protégée de la pluie, et proche de la gare.
Il reste à espérer que des équipements améliorés seront mis en place ou complétés dans toutes les grandes villes (chefs lieux de département + St Nazaire, Cholet, au moins), sans oublier la création de maisons de la mobilité locales (sur le modèle de Châteaubriant) informant et proposant toutes les offres de mobilité, du local au national.
Remboursements : embrouillamini
Les guichets de la nouvelle gare routière de Nantes ne pourraient assurer les échanges ou les remboursements de billets.
La Région propose maintenant pour les billets hors abonnement une garantie : « la Garantie Ponctualité » des clients occasionnels Aléop en TER s’applique uniquement en cas de suppression de train sans solution de report dans les 30 minutes et non en cas de retard » Concrètement la garantie peut ne pas fonctionner, même si le retard du TER vous a fait louper le TGV en correspondance.
Angers/Nantes : Inondation – Saturation
Les inondations dues à la Loire et à la Maine auraient entraîné des risques pour la liaison Nantes / Angers, empruntée par de nombreuses liaisons TER et nationales. D’où la décision de SNCF-Réseau de ralentir le trafic, et de supprimer des trains sur cette liaison saturée entre Nantes et Ancenis, et entre la Possonnière et Angers. Des gares intermédiaires ont vu leur desserte très réduite, voire supprimée, là où les souterrains étaient inondés.
Comme les efforts faits pour réduire la production de Gaz à Effet de Serre, sont insuffisants, du niveau régional au niveau international, les crues devraient se répéter, voire augmenter en force et fréquence.
Les usagers demandent donc que soient développées lors de tels phénomènes qui peuvent dépasser la semaine des alternatives : covoiturage, renfort des dessertes parallèles par car, autres itinéraires TER, mutualisation des places libres dans les trains encore circulants, voire amélioration de l’itinéraire par Cholet, en fonction des contraintes de zone inondable. Confer ci-après :
https://www.fnaut.fr/la-liaison-nantes-angers-saturee-et-fragile/
A défaut, le nombre de voyageurs abandonnant le transport collectif pourrait augmenter, face à la récurrence des phénomènes climatiques.
Sur cet axe, la mise en place d’une signalisation plus performante, définie au niveau européen, permettra d’ajouter plusieurs trains chaque heure, mais n’interviendrait qu’à l’horizon 2040. Or les besoins sont déjà nombreux: trains du SERM nantais, fret, cadencement horaire pour les TER, dessertes TGV de nouvelles compagnies, etc….
Accès dégradé aux IC Lyon et Bordeaux
Les Comités de suivi tenus fin 2025 ont confirmé la saturation des trains actuels, et la création d’allers retours supplémentaires pour la seule liaison Intercités Nantes Bordeaux (cf n°17). Comme aucune nouvelle rame n’est prévue, la SNCF-Voyageurs Océan, nouvelle filiale dédiée à ces 2 lignes, va être amenée à faire circuler encore plus de trains à une seule rame.
Nantes / Lyon (ici à Nevers) : surtout des trajets partiels ; 8 % des billets seulement pris pour des voyages de bout en bout.
D’autre part, outre la non prise en compte des cartes nationales « Avantage », il est annoncé l’obligation de la réservation, rendant impossible de monter à bord pour les courts trajets locaux avec un simple billet TER, alors qu’une convention passée avec la Région le permettait jusqu’ici.
Nous avons saisi la Région, et la FNAUT a rencontré la DGITM (Dir.Infra.Transp.), qui est pour l’État, l’autorité organisatrice de ces trains conventionnés. Sans résultat pour le moment.
La multiplication des opérateurs ne doit pas se traduire par la multiplication des règles pour les usagers, d’autant que les voyageurs peuvent emprunter plusieurs lignes en correspondance.
Elections municipales et TCU
Les transports collectifs urbains ont été peu présents dans les débats préélectoraux. Il est vrai que les efforts en leur faveur sont souvent admis par les habitants, même quand il faut prendre un peu de place à la voiture. Les résultats des élections ne devraient guère modifier les projets locaux de mobilité, dans les agglomérations de la Région.
La gratuité de l’accès au transport a été, comme à chaque élection, mise en avant par différentes listes candidates. Dans les grandes agglomérations, il s’agissait généralement de gratuités partielles, le WE ou au profit de certaines catégories. Car les reports financiers vers le budget local sont significatifs.
La FNAUT donne la priorité à la mobilisation des financements pour assurer plus de services aux habitants, ce qui attire des automobilistes, ne désincite pas au recours aux modes actifs, est bénéfique pour l’environnement, permet la croissance à long terme des fréquentations. La gratuité peut cependant être adaptée à de petits réseaux et être un atout de promotion ciblée (nouvel arrivant, nouvelle ligne,…).
Alors que l’argent manque face à des besoins importants, il serait aberrant de se priver de la redevance de ceux qui peuvent payer. Des tarifications solidaires adaptées aux moyens de chacun (plus qu’à son statut) sont à développer et à étendre pour rendre l’utilisation des services plus universels. Et là, il y a encore des progrès à faire.
Avancées pour l’intégration tarifaire
Chaque AOM (Autorité Organisatrice des Transports) a ses règles et ses tarifs. Les usagers apprécient d’autant la possibilité de monter dans les TER avec un billet de transport urbain, ce qui est possible dans les périmètres de transport urbain de Nantes, St Nazaire, Cap Atlantique, et du Mans, suite à des conventions entre Autorités Organisatrices.
De plus, à partir de septembre 2026, le billet des cars Aléop inclura une correspondance avec les réseaux urbains dans les principales agglomérations de la région : Nantes, Saint-Nazaire, Laval, Le Mans, Angers, Cholet, Saumur, La Roche-sur-Yon, Les Sables-d’Olonne.
Cyclistes & train : été sous tension
Les abonnés navetteurs redoutent la période du 1er mai au 27 sept. où ils devront retenir une place vélo une quarantaine de fois dans le mois, sans garantie d’obtenir satisfaction. Et tous les cyclistes devront gérer les correspondances, et faire face aux annulations de trains. Quand seront écartées de la réservation obligatoire les dessertes TER en heure creuse qui disposent a priori de place ?: C’est déjà le cas pour les 2 lignes de tram-trains en semaine.
La Région a mis l’accent sur les abris vélos en gare, utiles pour certains besoins. Mais les usagers attendent aussi une relance du projet de Vélos en Libre Service dans 30 gares.