La SNCF a ouvert ce matin les ventes de billets pour les fêtes de fin d’année. Et dès les premières heures, certains tarifs atteignent des niveaux qui rendent l’avion concurrentiel pour de nombreuses liaisons. La Fnaut a ainsi relevé ce matin 158 € pour un Paris-Nice en 2e classe, en aller simple, dès 7h00, alors même que les ventes venaient d’ouvrir.
Un effet pervers du yield management
Le système de tarification dynamique produit ici un effet pervers : lorsque l’offre est limitée face à une forte demande, les tarifs augmentent très rapidement.
Autre difficulté : la SNCF n’ouvre les réservations que trois mois à l’avance, un délai trop court comparé à celui proposé par les compagnies aériennes. Les voyageurs qui souhaitent organiser leurs déplacements des fêtes longtemps à l’avance ne disposent donc pas toujours des tarifs les plus accessibles.
Le manque de rames fait monter les prix
Pour la Fnaut, le problème est avant tout celui de l’insuffisance de l’offre. Le nombre de rames TGV disponibles reste insuffisant et l’arrivée du TGV M, retardée, ne permet pas encore de répondre pleinement à la demande.
Or le principe est simple : offre limitée = prix élevés.
Avec un (quasi) monopole, l’opérateur n’a aucun intérêt à saturer son marché : pour la SNCF, mieux vaut vendre moins de places à un prix élevé que davantage de places à un tarif accessible. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la demande est là. Les offres complémentaires de TGV proposées par Trenitalia et RENFE sont donc bienvenues.
Le trafic TGV commence d’ailleurs à progresser, notamment sous l’effet de la hausse des prix des carburants : l’ART relève une hausse de 2 % du trafic TGV.
Le train ne manque pas de clients : il manque de places. À force de limiter l’offre, on fait monter les prix et on renvoie certains voyageurs vers l’avion.
Pour la Fnaut, la réponse passe donc par davantage de rames, davantage de fréquences et une offre suffisante lors des périodes de pointe. Le train doit pouvoir répondre à la demande plutôt que devenir inaccessible précisément lorsque les Français souhaitent l’emprunter.
Contact presse : Nina Soto, chargée de communication et relations presse Fnaut – 07 67 78 06 24