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Hausse du prix des carburants : une fréquentation en hausse qui appelle une réponse immédiate sur l’offre ferroviaire

12 Avr 2026

Alors que le prix des carburants connaît une nouvelle hausse marquée, de nombreux usagers réorientent leurs déplacements vers le train, perçu comme une alternative plus économique et plus durable. Dans le Grand Est, cette évolution rapide des pratiques met sous tension un réseau ferroviaire régional déjà fragilisé par des réductions d’offre programmées.

Depuis plusieurs semaines, les associations d’usagers constatent une affluence croissante à bord des TER. Dans certaines rames, les conditions de transport se dégradent nettement, avec des voyageurs contraints de rester debout sur des trajets parfois longs. Une situation qui rappelle les niveaux de saturation observés il y a plus d’une décennie, mais dans un contexte nouveau marqué par une forte contrainte sur le pouvoir d’achat.

Cette dynamique s’explique en grande partie par l’augmentation du coût de l’automobile. Pour de nombreux actifs, le train redevient une solution compétitive pour les trajets domicile-travail. Toutefois, cette transition modale, pourtant souhaitable, se heurte à une offre ferroviaire inadaptée.

En effet, la Région Grand Est prévoit de maintenir une réduction de service pendant les vacances scolaires d’avril, avec une diminution d’environ 10 % des circulations. Une décision fondée sur des observations passées de baisse de fréquentation liées à l’absence des scolaires. Mais ce raisonnement apparaît aujourd’hui dépassé : les besoins de mobilité des travailleurs demeurent, et la hausse du prix des carburants modifie profondément les comportements de déplacement.

La Fnaut Grand Est alerte sur les conséquences de cette politique. Réduire l’offre dans un contexte de demande croissante risque non seulement d’aggraver la saturation des trains, mais aussi de décourager les usagers, en particulier les nouveaux venus. À terme, cela pourrait conduire certains à revenir vers la voiture, faute de conditions de transport satisfaisantes.

Au-delà des vacances d’avril, la question se pose plus largement de l’adaptation de l’offre ferroviaire aux évolutions conjoncturelles et structurelles. L’extension du nombre de semaines allégées dans l’année interroge, notamment pour les périodes hors été où la mobilité pendulaire reste forte.

Florent Manrique, Président de l’AUT Sud Alsace :

Des voyageurs nous disent qu’ils n’ont jamais vu ça depuis plus de 10 ans : ils se retrouvent debout sur tout leur trajet »

 

La Fnaut Grand Est appelle ainsi la Région à faire preuve de souplesse et de réactivité. Il est indispensable d’ajuster l’offre au plus près des besoins réels, en tenant compte des signaux actuels de report modal. Cela suppose notamment de renoncer aux réductions de service lorsque les conditions ne s’y prêtent pas, et de mettre en place, si nécessaire, des renforts ciblés sur les lignes les plus fréquentées.

Face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, le train doit pouvoir jouer pleinement son rôle. Cela implique de garantir une offre lisible, fiable et suffisamment dimensionnée pour accompagner les évolutions de la demande. À défaut, le risque est grand de manquer une opportunité majeure de favoriser des mobilités plus durables dans le Grand Est.

Article de presse : France 3 du 11 avril