La semaine dernière s’est tenu le colloque de la Fnaut au théâtre la Pépinière à Paris. Avec 250 participants, la salle était comble pour tenter de répondre à une question simple en apparence : comment simplifier la vie des voyageurs ?

La première table ronde a permis aux « questionneurs » et aux représentants de la Convention collective de l’usager d’exprimer directement leurs attentes, leurs interrogations et leurs propositions, plaçant d’emblée la parole des voyageurs au cœur des échanges.
La deuxième table ronde a, quant à elle, mis en lumière une tension majeure : celle qui oppose le temps long des politiques d’infrastructure, des réformes et des investissements, au besoin de réponses concrètes et rapides exprimé par les usagers. Entre contraintes techniques, cadres juridiques et ouverture à la concurrence, tous les intervenants ont reconnu la nécessité de simplifier le parcours voyageur, de renforcer la coordination entre acteurs et de restaurer la confiance, afin que les évolutions du système ferroviaire produisent des effets visibles sans attendre des décennies.
Première table : les attentes des voyageurs
Patricia Pérennes (Trans-Missions) a souligné que l’usager ne doit pas être un expert pour voyager et que, malgré les progrès législatifs sur la prise en charge des correspondances, des solutions volontaires restent nécessaires en contexte de concurrence.
Sophie Mougard (COI, IGEDDD) a insisté sur le rôle central d’une autorité organisatrice forte, capable d’imposer des standards communs, et sur l’intégration de la billettique dans les projets de SERM.
François Delétraz (FNAUT) a plaidé pour une gouvernance incluant les usagers, un socle national comme une tarification sociale, et la création d’une chambre de compensation permettant un billet unique de bout en bout.
Michel Quidort (FNAUT, FEV) a rappelé les objectifs climatiques européens, la nécessité d’intégrer les réseaux à grande vitesse et l’émergence d’un cadre européen favorisant le billet unique et la protection du voyageur multimodal. Il a cité les exemples contrastés de la DB, qui élargit son offre internationale, et de la SNCF, ainsi que les difficultés rencontrées lors de certaines crises (Eurostar).
Enfin, Jean-Michel Pascal (FNAUT Région Sud) a dénoncé les effets négatifs des dessertes fragmentées sans correspondances garanties, qui découragent les usagers et vident les autocars.
Seconde table : les réponses
Michel Neugnot (Région Bourgogne–Franche-Comté) a défendu l’adaptation des politiques tarifaires aux réalités territoriales et mis en avant l’intégration des offres, une plateforme unique multimodale et la reprise de la relation voyageurs par la région.
Le sénateur Frank Dhersin a évoqué les grands projets des Hauts-de-France et ses inquiétudes sur le financement des SERM et des infrastructures, tout en appelant à des avancées législatives sur la billettique et les droits des voyageurs.
Thierry Guimbaud (ART) a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance des usagers, de simplifier les correspondances et de mieux coordonner les opérateurs, avec des recommandations attendues en 2026.
Marco Caposciutti (Trenitalia France) a estimé que la concurrence a accru l’offre, fait baisser les prix et stimulé l’innovation, plaidant pour des billets intégrés train longue distance + régional.
Enfin, Christophe Fanichet (SNCF Voyageurs) a défendu la complémentarité des offres et la simplification du parcours client, tout en appelant à une meilleure gouvernance et à la standardisation des données pour faciliter la distribution multimodale.
Merci à Jean-Marie Tisseuil pour ces notes qui ont permis ce résumé.
